alvéole zéro : qu’est-ce?

Moyens de production mutualisés, pratiques curatoriales, actes publics,

et cetera

Zéro. L’Alvéole zéro est une structure qui n’existe pas. Un abri pour des expériences et des actes publics indépendants. Un atelier de construction et de créations inter-médias. Un lieu de partage et d’échanges critiques sur les dimensions culturelles, historiques, technologiques et esthétiques de nos vies.

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Depuis 2011, Alvéole Zéro est sur le territoire du Havre à la fois un laboratoire artistique et social et un outil de production pour la création en arts visuels et en arts scéniques, destiné à la réalisation de projets non commerciaux et/ ou émergents, accessible gratuitement et géré par des praticien(ne)s.

 Art et démarches collaboratives intermedia et extra-disciplinaires

L’Alvéole Zéro est un projet-laboratoire dédié à la création ainsi qu’à l’étude et la connexion de différents champs d’inscription artistiques et non artistiques, diverses scènes et médiums. Il réunit des praticien(ne)s des arts visuels, plastiques et scéniques, des arts numériques contemporain, des musiques expérimentales et électroniques, aussi bien que des bricoleur(-leuse)s, des ingénieur(e)s et des chercheurs ou encore des personnalités au parcours socioprofessionnels plus atypiques et/ou fragiles.

L’Alvéole Zéro est un questionnement sur la création, qui passe notamment par l’expérimentation de pratiques collaboratives et l’usage de technologies média. De façon pratique c’est une démarche de mutualisation d’outils et un lieu de construction, de résidences de création, de discussion, de production, de diffusion et de programmation d’évènements publics.

Les ateliers mutualisés de l’Alvéole Zéro sont tout à la fois une méthode, des outils, une attitude et des actes publics, souvent festifs, toujours artistiquement radicaux. Une quinzaine d’évènements depuis 2011 les ont fait découvrir à des artistes et praticien-e-s basés au Havre ou de passage dans cette ville ainsi qu’à un plus large public,  en particulier à une jeune génération.

Intermedia

Pour re-situer ces questions liées au technologies contemporaines dans une perspective historique il a semblé judicieux de ré-activer le concept de création «intermédia» emprunté à Dick Higgins, artiste de la mouvance Fluxus. Celui-ci met l’accent sur l’infini potentiel de ce qui s’élabore entre les médiums, entre les contenus, entre les participants, dans le cadre de productions pluridisciplinaires et de relations sociales abordées comme des systèmes complexes, des processus, des situations.

Forme collaborative, ce creuset “intermedia” s’inscrit dans la suite d’une histoire des avants-gardes et des réflexions sur l’art et la technologie et ouvre la notion de création à des contributions très diverses. C’est aussi un concept qui s’est presque tout de suite étendu aux sphères de l’entertainment et des discothèques et qui permet donc d’aborder les convergences culturelles et technologiques qui se déploient dans les  industries créatives qui environnent l’atelier. Les soirées du Dôme-Haçienda en proposent peut-être quelque chose comme des répliques DiY et des contre-environnements.

Atelier lumière interaction machine

L’Alvéole Zéro est ainsi un objet étrange, difficile à catégoriser : les récentes appellations de Tiers-lieu, de Fablab ou de Hackerspace qui accompagnent les actuelles mutations culturelles et technologiques peuvent s’appliquer à en définir certains aspects sans toutefois l’épuiser.

Le principal point d’entrée à l’Alvéole Zéro, l’Atelier Lumière Interaction Machine, est une sorte de hackerspace qui réunit chaque mardi soir des professionnels et des non professionnels de divers horizons, souvent au détour de technologies numériques. A travers cette expérience menée depuis 2014 l’Alvéole Zéro est devenu membre associé au Fablab universitaire du Havre.

Au delà des outils c’est aux processus d’émergence que l’atelier est dédié.

Le temps d’atelier ouvert de l’Atelier Lumière Interaction Machine — dont la permanence se tient chaque mardi — est  l’expression d’une « méthode » pour approcher la notion de création. Cette méthode consiste à accueillir dans l’atelier des personnalités d’horizons différents et à favoriser l’émergence de démarches collaboratives tout en garantissant à chacun la possibilité d’expérimenter de façon autonome ses projets ou le développement de ses outils.

L’innovation, les technologies numériques et la promotion des idéologies qui les accompagnent, quand bien même elles se présenteraient comme émancipatrices, ne sont donc pas la finalité de l’Alvéole Zéro. L’atelier offre plutôt des façons et des possibilités de nous interroger sur nos pratiques.

Au delà de la constitution de fait d’une communauté de pratiques, l’idée d’une base commune à imaginer — un possible degré zéro sur lequel prendre appuis — passe par une interrogation sur les frontières délimitant les champs d’activités, l’utilité instrumentale et l’inscription culturelle de nos actes, les frontières de l’art et de la vie. Il s’agit aussi de considérer que les technologies, qui nous offrent des outils et des formes collaboratives, qui passent outre les définitions standards, ont une histoire, un fonctionnement et un impact qui n’est pas neutre.

Toute expérience d’esthétique ou d’action, aussi influencée et rhizomatique qu’elle puisse être, se détermine dans un champ qui lui est propre, un système d’autonomie relative en tension avec les enjeux technologiques et éthiques des systèmes sociaux plus larges avec lesquels il est en interaction, et qui peut être aussi une placevide.

Envoyer un mail à l’Alvéole zéro

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Quoi? ______Inventer de nouvelles approches des partages du sensible et des savoirs

Comment?___Cette approche s’appuie d’une part sur une mutualisation de ressources et d’autre part sur le lancement de différents projets visant à réunir diverses personnalités issues de cultures et de métiers variés.

Les trajectoires de l’Alvéole zéro ne sont pas actées à travers le seul prisme de démarches artistiques mais par la construction de projets-passerelles entre diverses pratiques culturelles et des champs de recherches théoriques, hors des murs académiques; Par l’appropriation de médias et de technologies; Par des processus de production et de restitution qui font se rencontrer différents points de vue.

Ce Blog en constitue l’édition et l’archive.


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Dans cette étude pratique, il s’agissait de construire, de simuler, in situ, les rapports structurels d’un lieu de « production de contenus et de projets ».

Étude en actes et en images autour des notions d’ « ingéniérie culturelle » et d’environnement artificiel total au travers de l’objet « discothèque ».

Séries de rencontres autour de récits fragmentaires sur la notion de culture et présentation de créations et de productions en cours.

Nuits festives dédiées à l’actualité et à l’histoire des mouvements queer.

Un atelier informel de partage de connaissances et de bidouillages technologiques.

 

L’atelier-studio

Installé courant 2008-2011, l’atelier-studio des alvéoles 7 et 8 du fort de Tourneville (Le Havre, France) est un outil de production mutualisé pour les arts visuels et scéniques. L’accueil des productions se distribue entre un atelier de construction et un studio dédié aux prises de vues et à la mise en espace des projets.

Centres de ressources

– Bases de données visuelles; Bibliothèque et fonds numérique d’ouvrages théoriques sur l’art, la technique, la culture et les médias; Centre de ressources techniques.


Quoi.b et ACDC sont les deux structures associatives en charge depuis 2008 de la gestion d’ateliers mutualisés au Fort de Tourneville au Havre.

Quoi.b est orienté sur le versant des arts visuels et conceptuels, plastiques et numériques contemporains, et ACDC est historiquement le principal lieu de développement sur le Havre de machineries pour le spectacle vivant. Les initiateurs du projet Alvéole Zéro, Delphine Thibon et Arnaud Jammet pour Quoi.b et Joël Cornet pour ACDC, par delà les différentes scènes artistiques dans lesquelles ils s’inscrivent, partagent des valeurs communes de partage de connaissances et d’outils, de transmission et d’entraide. Aujourd’hui ce projet mobilise une base active d’une dizaine de personnalités aux profils divers — artistes contemporains, informaticiens, ingénieure lumière, musiciens, intermittents du spectacle, anciens étudiants de l’Esadhar, mais aussi des personnalités au parcours socioprofessionnels plus atypiques et/ou fragiles.


Le quoi-bureau

Structure de production pour les arts visuels, ce bureau – qui s’interroge devant l’étrangeté du monde –  est une expérience auto-réflexive et agissante dans le réel. Le quoi-bureau est un outil administratif de production et une ressource pour des projets collectifs. Et c’est aussi un lieu imaginaire, critique, de recherches théoriques. Crée au Havre à la fin des années 90, cette « agence », ce bureau, raconte la construction d’environnements temporaires.

Le quoi-bureau a produit un certain nombre d’actions mais aussi de lieux dédiés à la production artistique et à la réflexion sur la production des images. Les derniers en date sont l’alvéole zéro et un atelier-studio crée au fort de Tourneville en 2008.

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 Atelier-Studio, Portes 7 et 8, Fort de Tourneville, 55 rue du 329e, 76620 Le Havre